Les allemands dirigeant les camps d'extermination, dans l'imagerie populaire, sont souvent des mâles, cruels et sadiques. Ce qui n'est pas étonnant, bien sûr. Mais les femmes allemandes ont aussi géré des camps de concentration et elles ont, là aussi, dépassé les hommes en imagination perverse et sadisme.
  Ce livre ne fait pas l'apologie du nazisme ni du sadisme, bien au contraire, mais il veut montrer que les femmes aussi auraient pu être aussi perverses que les mâles dans l'horreur.
   Une lecture à déconseiller absolument aux âmes sensibles ...

Prisonniers des Gretchens, 665 ko, 24,95 US$.

 

Devant la porte de l'appartement de Grete Müller, une dizaine de prisonniers étaient alignés, étroitement surveillés par deux jeunes
allemandes armées jusqu'aux dents. Ils ignoraient tout de ce que la Direktorin attendait d'eux.
Celle·ci, non loin, discutait avec Eva Gürschner et jetait de temps en temps quelques regards amusés vers les dix prisonniers. Enfin, ils virent s'approcher d'eux le fringant uniforme vert de la
Führerin. Elle était en beauté. Ses fins cheveux blonds tirés en arrière et rassemblés en un joli chignon dégageaient un front sans ride qui surplombait de lumineux yeux bleus au regard orgueilleux et
moqueur.
Eva s'approcha d'eux. Elle mit un bandeau noir sur les yeux de chacun des hommes et donna cette excuse à son geste :"Une femme de camp a l'intention de faire l'amour avec chacun de vous. Mais elle ne veut absolument pas que vous voyiez son visage. Laissez ce
bandeau sur vos yeux et laissez·vous faire. Vous n'avez rien à craindre !
C'était surprenant mais plausible. Ils crurent Eva. Ils passèrent un à un dans l'appartement de Grete et, confiants, gravirent les barreaux de l'échelle en haut de laquelle on les poussait et se laissèrent mener puis attacher sans résistances par les douces mains
parfumées d'Eva.
Quelques instants après, quand on leur eut ôté leurs bandeaux, ils s'aperçurent qu'ils se trouvaient immobilisés en haut d'un échafaudage. Ils avaient été placés dos à dos, deux par deux. Leurs bras avaient été solidement ligotés à un poteau horizontal dont les
deux extrémités étaient fixées dans le mur. Leurs pieds reposaient sur une planche étroite, également fixée aux murs, se trouvant à plus d'un mètre et demi du sol. Sous cette étagère, sur laquelle ils avaient été alignés comme des bibelots, on avait placé une élégante baignoire dont l'émail étincelait.
A un mètre du plafond, suspendues à des cordes qui coulissaient dans de petites poulies, se balançaient, à hauteur approximative de la poitrine des prisonniers, deux lourdes planches hérissées d'innombrables petits poignards aux lames larges, brillantes et tranchantes. Les dix hommes comprirent que la belle Eva leur
avait menti effrontément. Ils n'avaient été amenés ici que pour une nouvelle et cruelle machination de la Direktorin.
Grete Müller et Eva Gürschner les regardaient en souriant. Eva s'adressa à sa supérieure :
- Je te laisse, Grete, Amuse·toi bien !
- Reste, je t'en prie, Eva !
- Non, meine liebe. Je suis désolée mais la petite Anna Richter est malade et je veux rester auprès d'elle.
- La pauvre... est·ce grave ? demanda la Direktorin.
- Je ne crois, pas répondit Eva. Mais il ne faut pas que cela trouble tes ablutions... Ne t'inquiète pas !
- Bien ! Mais demain je t'ordonnerai d'assister à mon bain ! D'accord ?
- D'accord Grete ! Avec grand plaisir ! Je te frotterai le dos et tout le reste ! Salut !
- Salut Kommandoführerin !
Elles s'embrassèrent amoureusement sur la bouche, sans pudeur, au nez des prisonniers. Eva sortit et referma la porte derrière elle.
Grete se campa devant les dix hommes attachés contre le mur et promena sur eux son regard fier et hautain. Elle leur sourit et ce sourire marquait toute la certitude de son immense supériorité et de son profond mépris.
- Alors, messieurs, avez·vous compris à quoi vous alliez servir ? Non ! Je vais vous l'expliquer ! Disons que, pour une fois, vous allez être utiles à l'Allemagne en ayant le privilège insigne de contribuer à la conservation de la beauté de l'une de ses plus belles filles. Vous n'êtes pas sans savoir que le sang humain a des vertus régénérescentes... Votre sang, que je vais évacuer de vos veines et
qui va s'écouler dans ma baignoire, va me donner la jeunesse et la beauté éternelle ! Je vais laver mon corps dans votre sang ! Votre sang va tomber sur ma peau, s'écouler entre mes seins, entre mes fesses... Avez·vous compris, à présent ?
Les dix hommes, bien sûr, ne répondirent pas, trop épouvantés qu'ils étaient par ce qu'ils venaient d'entendre. L'horreur des propos de cette fière et belle allemande ne parvenaient même pas à leur entendement. Ils ne pouvaient pas admettre l'éventualité d'une telle abomination. Ils se turent, complètement abasourdis et terrorisés, et posèrent sur Grete leurs regards terrorisés.
Grete les regarda encore pendant quelques longues et douloureuses minutes. Puis elle retira les épingles de ses cheveux blonds. Ses longues mèches tombèrent sur ses épaules. Elle agita la tête coquettement pour leur faire reprendre un pli naturel.