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Les allemands dirigeant les camps d'extermination,
dans l'imagerie populaire, sont souvent des mâles, cruels et sadiques.
Ce qui n'est pas étonnant, bien sûr. Mais les femmes allemandes
ont aussi géré des camps de concentration et elles ont,
là aussi, dépassé les hommes en imagination perverse
et sadisme.
Ce livre ne fait pas l'apologie du nazisme ni du sadisme,
bien au contraire, mais il veut montrer que les femmes aussi auraient
pu être aussi perverses que les mâles dans l'horreur.
Une lecture à déconseiller absolument
aux âmes sensibles ...
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Devant la porte
de l'appartement de Grete Müller, une dizaine de prisonniers étaient
alignés, étroitement surveillés par deux jeunes
allemandes armées jusqu'aux dents. Ils ignoraient tout de ce
que la Direktorin attendait d'eux.
Celle·ci, non loin, discutait avec Eva Gürschner et jetait
de temps en temps quelques regards amusés vers les dix prisonniers.
Enfin, ils virent s'approcher d'eux le fringant uniforme vert de la
Führerin. Elle était en beauté. Ses fins cheveux
blonds tirés en arrière et rassemblés en un joli
chignon dégageaient un front sans ride qui surplombait de lumineux
yeux bleus au regard orgueilleux et
moqueur.
Eva s'approcha d'eux. Elle mit un bandeau noir sur les yeux de chacun
des hommes et donna cette excuse à son geste :"Une femme
de camp a l'intention de faire l'amour avec chacun de vous. Mais elle
ne veut absolument pas que vous voyiez son visage. Laissez ce
bandeau sur vos yeux et laissez·vous faire. Vous n'avez rien
à craindre !
C'était surprenant mais plausible. Ils crurent Eva. Ils passèrent
un à un dans l'appartement de Grete et, confiants, gravirent
les barreaux de l'échelle en haut de laquelle on les poussait
et se laissèrent mener puis attacher sans résistances
par les douces mains
parfumées d'Eva.
Quelques instants après, quand on leur eut ôté leurs
bandeaux, ils s'aperçurent qu'ils se trouvaient immobilisés
en haut d'un échafaudage. Ils avaient été placés
dos à dos, deux par deux. Leurs bras avaient été
solidement ligotés à un poteau horizontal dont les
deux extrémités étaient fixées dans le mur.
Leurs pieds reposaient sur une planche étroite, également
fixée aux murs, se trouvant à plus d'un mètre et
demi du sol. Sous cette étagère, sur laquelle ils avaient
été alignés comme des bibelots, on avait placé
une élégante baignoire dont l'émail étincelait.
A un mètre du plafond, suspendues à des cordes qui coulissaient
dans de petites poulies, se balançaient, à hauteur approximative
de la poitrine des prisonniers, deux lourdes planches hérissées
d'innombrables petits poignards aux lames larges, brillantes et tranchantes.
Les dix hommes comprirent que la belle Eva leur
avait menti effrontément. Ils n'avaient été amenés
ici que pour une nouvelle et cruelle machination de la Direktorin.
Grete Müller et Eva Gürschner les regardaient en souriant.
Eva s'adressa à sa supérieure :
- Je te laisse, Grete, Amuse·toi bien !
- Reste, je t'en prie, Eva !
- Non, meine liebe. Je suis désolée mais la petite Anna
Richter est malade et je veux rester auprès d'elle.
- La pauvre... est·ce grave ? demanda la Direktorin.
- Je ne crois, pas répondit Eva. Mais il ne faut pas que cela
trouble tes ablutions... Ne t'inquiète pas !
- Bien ! Mais demain je t'ordonnerai d'assister à mon bain !
D'accord ?
- D'accord Grete ! Avec grand plaisir ! Je te frotterai le dos et tout
le reste ! Salut !
- Salut Kommandoführerin !
Elles s'embrassèrent amoureusement sur la bouche, sans pudeur,
au nez des prisonniers. Eva sortit et referma la porte derrière
elle.
Grete se campa devant les dix hommes attachés contre le mur et
promena sur eux son regard fier et hautain. Elle leur sourit et ce sourire
marquait toute la certitude de son immense supériorité
et de son profond mépris.
- Alors, messieurs, avez·vous compris à quoi vous alliez
servir ? Non ! Je vais vous l'expliquer ! Disons que, pour une fois,
vous allez être utiles à l'Allemagne en ayant le privilège
insigne de contribuer à la conservation de la beauté de
l'une de ses plus belles filles. Vous n'êtes pas sans savoir que
le sang humain a des vertus régénérescentes...
Votre sang, que je vais évacuer de vos veines et
qui va s'écouler dans ma baignoire, va me donner la jeunesse
et la beauté éternelle ! Je vais laver mon corps dans
votre sang ! Votre sang va tomber sur ma peau, s'écouler entre
mes seins, entre mes fesses... Avez·vous compris, à présent
?
Les dix hommes, bien sûr, ne répondirent pas, trop épouvantés
qu'ils étaient par ce qu'ils venaient d'entendre. L'horreur des
propos de cette fière et belle allemande ne parvenaient même
pas à leur entendement. Ils ne pouvaient pas admettre l'éventualité
d'une telle abomination. Ils se turent, complètement abasourdis
et terrorisés, et posèrent sur Grete leurs regards terrorisés.
Grete les regarda encore pendant quelques longues et douloureuses minutes.
Puis elle retira les épingles de ses cheveux blonds. Ses longues
mèches tombèrent sur ses épaules. Elle agita la
tête coquettement pour leur faire reprendre un pli naturel.
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