Wandine est maintenant plus mûre. Et les problèmes soulevés par ces nouvelles aventures sont aussi plus sérieux, depuis la religion et les loisirs jusqu'à la politique.
   Pour avoir un avant-goût de cette lecture, comme pour les premières aventures de notre héroïne, et bien que le glossaire pédagogique ait quelque peu évolué, voici un court extrait de la première histoire de ce recueil.

 

Les Nouvelles Aventures de Wandine, jeune fille de la gynarchie, 623 ko, 24,95 US$.

          Le lendemain matin, les jeunes novices, le sein nu, dans leur somptueuse et immaculée robe de Diane, entonnèrent d’une même voix l’hymne de Diane et entrèrent en procession dans le Temple de la Déesse.

Belle Déesse,

O Chasseresse,

Tes Filles aujourd'hui viennent vers Toi

Pour te complaire

Et satisfaire

A tout ce que pour elles tu prévois

Dans ta noblesse

Et ta sagesse.

                Wandine tendait le cou de tous côtés mais ne voyait rien. Autour d’elles, il n’y a avait que des femmes, mères, sœurs, prêtresses. Aucun mâle. D’ailleurs, si l’un d’aux s’était montré ici, il aurait été impitoyablement rejeté, voire arrêté par les deux ou trois Policières qui empêchaient la circulation automobile de parvenir aux proches abords du Temple. Bientôt, toutes se retrouvèrent dans le Temple dont on ferma les portes.

Belle Déesse,

O Chasseresse,

Nous sommes là pour te prendre la main,

Vaincre les hommes,

Bêtes de somme,

Te glorifier en suivant le chemin

Où tu nous mènes

En Souveraine.

                Aurore, quant à elle, semblait avoir totalement oublié ce qui lui avait causé tant d’émoi la veille au soir. Toute entière à sa foi et au rite sacré d’initiation à laquelle elle était admise, la fillette ne pensait plus du tout à la lettre qu’elle avait reçue de son valet de classe. Son amie, moins mystique ou, peut-être moins pénétrée par la solennité du moment continuait à chercher un peu partout le signe de la présence sacrilège d’un jeune mâle, sous les bancs, derrière les piliers. Mais elle ne voyait rien.

                Alors, à son tour, elle oublia le danger qui menaçait les jeunes filles réunies là et se consacra totalement à la cérémonie. La Première Prêtresse venait d’apparaître suivie de quatre jeunes eunuques. Elle sourit à l’assistance féminine et entreprit de raconter une nouvelle fois la traîtrise d’Actéon, l’infâme mâle voyeur qui surprit Diane au bain, et son châtiment mérité. Elle le fit d’une voix grave et solennelle qui fit comprendre à la centaines de nouvelles Filles de Diane réunies dans son Temple de quel sacrilège le mâle s’était rendu coupable envers la Femme, pour les siècles des siècles. Elle leur fit comprendre pourquoi la Déesse avait donc voulu à la fois châtier Actéon et mettre à tout jamais la Femme au-dessus du reste de l’humanité. Enfin, deux autres Prêtresses de Diane, celles-là même qui avaient fait, une semaine durant, le catéchisme aux jeunes adolescentes, s’avancèrent vers l’Arbre surmonté de bois de cerf, le pilier du sacrifice.

                Entre elles, se tenaient un jeune mâle totalement nu, très pâle, le sexe dressé. Il y eut un murmure d’horreur dans la toute jeune et virginale assistance. Elles lui lièrent les chevilles, la taille et le cou au pilier. Il était manifestement au comble de la joie mystique, savait son heure de gloire arrivée. Regardant alors droit devant lui, vers ses jeunes filles au sein nu qui allaient dans un instant renouveler symboliquement le châtiment jadis ordonné par Diane, il entonna d’une voix forte le douloureux chant d’Actéon :

Diane, Ô Diane adorée,

Dans ton bain, je t’ai vue.

Diane, Ô Diane adorée,

Tu étais toute nue.

                Le chœur des fillettes lui répondit :

Diane, Ô Diane adorée,

Il a vu ta beauté.

Diane, Ô Diane adorée,

Venge-toi sans pitié.

                C’est alors que Wandine, pour la première fois, remarqua quelque chose d’étrange derrière l’immense statue de Diane qui trônait derrière l’autel. On aurait dit que sa main, qui cherchait une flèche dans son carquois, avait bougé. Le jeune Actéon reprit sa complainte :

Diane, Ô Diane adorée,

Je t’ai vue te baigner.

Diane, Ô Diane adorée,

Punis-moi sans pitié !

                Toute l’assistance féminine reprit encore une fois le répons :

Diane, Ô Diane adorée,

Il a vu ta beauté.

Diane, Ô Diane adorée,

Venge-toi sans pitié.

                Et les deux Prêtresses tailladèrent enfin les veines du jeune mâle, laissant s’écouler son sang dans la coupe d’or que leur tendait la Première Prêtresse de Diane.

                Alors, les jeunes filles se rassemblèrent à nouveau en cortège et avancèrent vers l’Arbre. Chacune, l’une après l’autre, but le sang du mâle qui agonisait dans l’extase.