D'abord obligée de subir les assauts de son patron, une jeune fille qui vient de découvrir son homosexualité, accomplit une vengeance terrible avec l'aide de sa compagne et la convertit aux principes de la Gynarchie.

Le Journal d'une Garce, 659 ko, 14,95 US$.


Mercredi 8 avril 1992.

  Pour mon anniversaire, Maribé m'a acheté un adorable petit ensemble veste-pantalon. Même Jean-Gérard, que nous avions invité à la maison pour la circonstance, l'a trouvé "très chou"! Il est bleu pâle. La veste est très cintrée avec de large revers et le pantalon, pincé à la taille, se resserre aux genoux pour s'évaser dans le bas.

  Grimaud, pour la première fois, a fait le service à table en présence d'un tiers. Nous l'avons bien senti contrarié mais aucun d'entre nous n'y a prêté attention. C'est seulement quand Maribé lui a demandé de changer l'un des trois verres de Jean-Gérard, dont la propreté laissait un peu à désirer, qu'il a pris la mouche et a quitté la table, vexé. Maribé s'est immédiatement levée à son tour et l'a suivi dans la cuisine.

Nous avons alors entendu quelques éclats de voix, suivis d'un claquement sec. Puis Maribé, souriante, nous a rejoints et s'est excusée de ces "petits problèmes domestiques", très inhabituels, croyez-le bien, Jean-Gérard. Quelques minutes plus tard, Grimaud est revenu à son tour, avec une joue un peu plus rouge que l'autre et, à la main, un verre propre pour notre invité. Il s'est rassis et n'a plus prononcé un mot, même en changeant les couverts et en servant la glace.

  Nous avons pris le champagne sans lui, au salon, et J.G., comme en toute amitié celui-ci a demandé que nous l'appelions, a fini par prendre congé en nous félicitant pour notre accueil chaleureux et l'excellent repas que nous lui avions offert. J'ai alors rejoint Grimaud qui faisait la vaisselle dans la cuisine et lui ai balancé à mon tour une mémorable gifle qui lui a fait échapper des mains l'assiette qu'il était en train de laver. Je lui ai expliqué que, bien que mon employé, comme lui, J.G. était une relation professionnelle et que quelqu'un qui, encore comme lui, n'était que seulement toléré sous ce toit, n'avait pas à mettre en péril notre Société par des comportements caractériels et irresponsables.

  Il a bredouillé vaguement des excuses, arguant qu'il était tout de même encore chez lui. Et il a reçu sa troisième gifle de la soirée...

  Je lui ai alors rappelé qu'il avait signé, le 4 février dernier, pour se préserver d'une saisie immobilière à l'époque très vraisemblable, une donation de tous ses biens meubles et immeubles au profit de Madame Marie-Béatrice Crozant, encore épouse Grimaud aujourd'hui, mais en instance de divorce.

  Il a semblé tomber des nues. Alors, j'ai enfoncé le clou :

  — Crois-tu que Maribé a envie de rester la femme d'un larbin appointé par celle avec qui elle vit ?

  Il m'a jeté un regard affolé et complètement désarmé puis, avec une joie sadique dont je ne me croyais pas capable, j'ai vu des larmes lui perler aux yeux et couler lentement sur ses joues encore rouges de mes gifles.